Vendredi 13 juin 2008
Je boucle une énième fois ma valise. Quelques vêtements, trois cd et ma guitare, quelques affaires de toilette, mes papiers d'identité... Et mon ordinateur bien sûr. Cette année
m'a appris à choisir ce dont j'avais réellement besoin d'avoir avec moi. Il y a de plus en plus de place vide dans ce grand sac. Et comme un sourire narquois, quatre lettres en majuscules rouge
barrent le kaki de la toile...
A travers ce sac, que j'ai trimballé de gare en gare pendant toute une année, c'est un peu de ma vie que j'emmène. Une vie qui s'effiloche et qui craque comme les coutures des bagages. Je fait le tour de mon appartement où il y a trop de souvenirs maintenant, attrapant des affaires à la volée, et en quinze minutes c'en est fini. Je suis presque déçue. Pouvoir faire le tour de sa vie en un petit quart d'heure, c'est un peu triste je trouve.
Et j'ai comme un goût d'amertume ou fond de la bouche, où les mots s'étranglent et sont refoulés comme des embruns sur les rochers. J'ai un peu mal au ventre aussi.
C'est ce sentiment que je ne reviendrais pas. Quand bien même je repasserais par ici, je n'y reviendrais jamais vraiment. Ici n'est plus chez moi et même les rideaux jaunes pisseux semblent se rire de ça. D'ailleurs l'appartement à déjà été re-loué à un jeune friqué aux lunettes de mouche, qui n'a pas vu que le radiateur n'avait jamais été réparé, que la porte du placard grinçait, que le robinet de la douche était inversé, qu'il n'y avait même pas de volets, et que la porte ne se fermait qu'en la claquant... Il ne sait pas qu'il y a un mec à moitié taré qui s'amuse à jeter de l'eau sur les jeunes, que la voisine du dessus ne quitte jamais ses talons, que les boulangères ne vous sourient qu'au bout de six mois, et que Monsieur Poubelle écoute sa musique beaucoup trop fort en traînant les poubelles dehors... Non il ne sait pas tout ça, mais il va récupérer cet appartement en l'état, avec tous mes souvenirs à l'intérieur, et c'est un peu de moi qu'il volera comme ça.
Je pense déjà au pincement que j'aurais lorsque je passerais devant cette porte, et que je saurais qu'elle n'est plus à moi. Cette porte qui a été grande ouverte, parfois timidement entrebâillée, violemment claquée, ou résolument fermée... Tout ça subsistera tant qu'il y aura des gens pour y penser.
Ma valise est fermée et demain je prendrais le train. Au bout des rails, il est possible que personne ne m'attende sur le quai. Mais je sais que sur le parking, la voiture de mes parents sera garée...
A travers ce sac, que j'ai trimballé de gare en gare pendant toute une année, c'est un peu de ma vie que j'emmène. Une vie qui s'effiloche et qui craque comme les coutures des bagages. Je fait le tour de mon appartement où il y a trop de souvenirs maintenant, attrapant des affaires à la volée, et en quinze minutes c'en est fini. Je suis presque déçue. Pouvoir faire le tour de sa vie en un petit quart d'heure, c'est un peu triste je trouve.
Et j'ai comme un goût d'amertume ou fond de la bouche, où les mots s'étranglent et sont refoulés comme des embruns sur les rochers. J'ai un peu mal au ventre aussi.
C'est ce sentiment que je ne reviendrais pas. Quand bien même je repasserais par ici, je n'y reviendrais jamais vraiment. Ici n'est plus chez moi et même les rideaux jaunes pisseux semblent se rire de ça. D'ailleurs l'appartement à déjà été re-loué à un jeune friqué aux lunettes de mouche, qui n'a pas vu que le radiateur n'avait jamais été réparé, que la porte du placard grinçait, que le robinet de la douche était inversé, qu'il n'y avait même pas de volets, et que la porte ne se fermait qu'en la claquant... Il ne sait pas qu'il y a un mec à moitié taré qui s'amuse à jeter de l'eau sur les jeunes, que la voisine du dessus ne quitte jamais ses talons, que les boulangères ne vous sourient qu'au bout de six mois, et que Monsieur Poubelle écoute sa musique beaucoup trop fort en traînant les poubelles dehors... Non il ne sait pas tout ça, mais il va récupérer cet appartement en l'état, avec tous mes souvenirs à l'intérieur, et c'est un peu de moi qu'il volera comme ça.
Je pense déjà au pincement que j'aurais lorsque je passerais devant cette porte, et que je saurais qu'elle n'est plus à moi. Cette porte qui a été grande ouverte, parfois timidement entrebâillée, violemment claquée, ou résolument fermée... Tout ça subsistera tant qu'il y aura des gens pour y penser.
Ma valise est fermée et demain je prendrais le train. Au bout des rails, il est possible que personne ne m'attende sur le quai. Mais je sais que sur le parking, la voiture de mes parents sera garée...



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